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Jesús Guodemar Pérez.
Diplômé en Physiothérapie.

Diplômé en Nutrition humaine et Diététique.

Professeur de Physiothérapie générale.

Université Alfonso X “El Sabio”, « Le sage ».

Membre du Comité de Rédaction de l’Ilustre Colegio de Fisioterapeutas de Madrid.

Description et caractères cliniques

La spondylite ankylosante ou ankylopoïétique est une atrophie inflammatoire d’origine inconnue. Également appelée maladie de Marie-Strümpell ou spondylite rhumatismale, on distingue la spondylite ankylosante de l'arthrite rhumatoïde. La maladie touche en majorité les hommes. Les symptômes sont une absence de nodules sous-cutanés ainsi que la localisation d’arthropathies. Lors de l'analyse, les réactions sérologiques au facteur rhumatoïde sont négatives et l'application des rayons X indique une calcification des ligaments.

La lésion fondamentale et caractéristique de la spondylite est une synovite des articulations sacro-iliaques. Les articulations apophysaires intervertébrales postérieures et les articulations costo-vertébrales se trouvent également atteintes. Plus tard, le ligament spinal se calcifie et les syndesmophytes apparaissent donnant une apparence de « colonne bambou ». Les affections cardiaques sous forme d’aortites ou d’insuffisance aortique deviennent alors fréquentes. L’uvéite ou iritis affecte 25 % des patients, il n’y a pas d’apparition de scléromalacie perforante mais cela se termine généralement par la cécité du patient.

La maladie apparaît d’abord de manière insidieuse. On assiste à une rigidité matinale à la suite de périodes d’inactivité, une douleur de type inflammatoire localisée apparaît à hauteur des articulations sacro-iliaques ainsi qu’une irradiation au niveau des fessiers, de la face postérieure de la cuisse et une certaine limitation à la flexion. On assiste ensuite à la disparition des courbes physiologiques, en commençant par la lordose lombaire avec inclinaison antérieure de la tête et du thorax. À mesure que la colonne vertébrale se « soude », on assiste au phénomène de « colonne bambou ». La mobilité du thorax diminue et il n’est pas rare de ressentir une douleur lors de l’inspiration profonde et de tousser ou d’éternuer.

Les analyses de laboratoire révèlent la présence caractéristique de l’antigène HLA B27, lequel nous aidera à confirmer le diagnostic. On va alors constater une diminution de la douleur et de la mobilité chez le patient. Le patient sera également confronté à une perte de poids ainsi qu’à une fébricule durant tout le processus pathologique.

Rôle du physiothérapeute

Le physiothérapeute doit évaluer la flexibilité du rachis au moyen d’examens globaux et spécifiques. Pour cela, il pourra mesurer la distance doigt-sol (finger-floor) qui évalue la flexion du tronc globale où participent également les articulations coxo-fémorales. Le test de Schober peut aussi s’avérer utile car il permet d’examiner le segment lombaire de manière plus précise. Il sera aussi de la plus haute importance de connaître l’état des muscles afin d’évaluer de possibles contractures et atrophies.

Le traitement de physiothérapie peut être classé en deux périodes. Nous allons en premier lieu aborder la phase inflammatoire puis en second lieu les périodes comprises entre deux poussées.

La physiothérapie en période inflammatoire

Durant la phase aiguë ou inflammatoire, nous allons nous concentrer sur la réduction de la douleur et de l’inflammation. Pour cela, nous allons recourir au repos contrôlé afin de diminuer l’inflammation et d’éviter la rigidité.

Lorsque le patient se retrouve allongé sur le lit, il est primordial qu’il soit installé complètement à plat.

On recommande aussi au patient de s’allonger sur le ventre pendant 20 minutes avant de se lever le matin et avant de se coucher le soir. Il est possible que le patient se sente mal à l’aise et oppressé dans cette position.

C’est pourquoi il débutera par des périodes courtes de 5 minutes qu’il augmentera selon la tolérance. Le lit doit être stable et sans bosses. Pour cela, l’idéal sera d’avoir un sommier à planches mais pas dur pour autant. Lorsque la phase de repos s’effectue dans un fauteuil, ce dernier devra être assez haut avec un siège ferme et un dossier droit permettant au patient de maintenir ses genoux et ses articulations coxo-fémorales en angle droit.

Lors de ces périodes de repos, on jugera bon d'appliquer de la chaleur par conduction, d'entraîner et de faire prendre conscience au patient de l'importante des exercices respiratoires. Des exercices de rééducation diaphragmatique et de ventilation costale vont être pratiqués. Des mobilisations activées-assistées des extrémités et de la colonne cervicale peuvent être combinées. S’il est possible d'effectuer des exercices isométriques, il faudra les réaliser sans trop de répétitions afin d'éviter une aggravation de la période inflammatoire.

La physiothérapie en période non inflammatoire

Lors de la période non inflammatoire, nous pouvons mettre l’accent sur des techniques de thermothérapie, y compris des techniques de convection (infrarouges) et de conversion (onde courte et micro-ondes). L’application d’électrothérapie de basse et moyenne fréquence offre également de bons résultats en tant que mesure analgésique. Les exercices respiratoires appris lors de la phase inflammatoire seront poursuivis durant cette période en mettant l’accent sur leur bon apprentissage, lequel fournit une augmentation de la capacité vitale du patient lui permettant de se relaxer. À noter qu’il est primordial de maintenir et/ou d’augmenter la mobilité vertébrale.

Pour cela, on effectuera des exercices de flexibilité de tous les segments vertébraux et, lorsqu'un segment sera ankylosé, on insistera sur le traitement postural afin de maintenir l’articulation dans la position la plus fonctionnelle possible. Ces exercices s'appliquent aussi à toutes les articulations périphériques en particulier à l'épaule et à la hanche.

Les exercices actifs libres, assistés et passifs doux seront alors indiqués. En outre, il convient d’insister sur les étirements des muscles de l’épaule (pectoraux) et de la hanche (fléchisseurs, adducteurs et isquio-jambiers) et de donner de la puissance à tous ces groupes musculaires. Il sera de la plus haute importance de maintenir une posture correcte tout au long de la journée et d’éviter l’utilisation d’orthèse de repos à cause du risque d’apparition de rigidité.

Exercices à effectuer quotidiennement

Nous allons ensuite vous proposer une série d’exercices à effectuer quotidiennement et facilités par l’Association cordouane des malades souffrant de spondylite (ACEADE).

1. Mettez-vous debout, talons et cuisses collés au mur et menton rentré. Inclinez la tête vers l’arrière jusqu’à toucher le mur et soutenez-la en comptant jusqu’à 5 puis repos. Effectuez l’exercice 10 fois.

2. Asseyez-vous sur une chaise bien droite (en forme de L). Avec la main droite passant devant la poitrine, attrapez le côté gauche de la chaise. Étendez le bras gauche vers l’avant puis tournez-le vers la gauche en le levant horizontalement et au maximum en arrière. Tournez ensuite la tête de façon à pouvoir regarder au-dessus de l’épaule gauche ; gardez cette position. Poussez et tournez un peu plus la tête; gardez cette position et revenez ensuite en position frontale. Renouvelez l’exercice 3 fois avec chaque bras.

3a. Asseyez-vous, les épaules relâchées et le menton rentré et regardez vers l’avant. Inclinez la tête sur le côté jusqu’à ce que l’oreille droite touche l’épaule droite ; gardez cette position. Veillez à ce que les muscles de l’épaule soient encore relâchés et inclinez-vous un peu plus. Revenez ensuite en position verticale. (Lors que vous effectuez une inclinaison latérale, la narine doit s’abaisser dans le même axe afin de vous assurer que vous ne tournez pas la tête.) Renouvelez l’exercice 2 fois de chaque côté.

3b. Inclinez la tête vers l’arrière en regardant d'abord le mur puis le plafond. Ramenez la tête en position verticale. Recommencez. Inclinez maintenant et le plus possible la tête vers l’avant de façon à ce que le menton touche le cou. Revenez en position verticale, le menton rentré puis recommencez.

4. Allongé sur le dos, genoux fléchis et pieds à plat sur le sol, a) Placez vos mains sur les côtes au niveau des flancs de la poitrine. Inspirez profondément par le nez et expirez par la bouche en poussant les côtes contre les mains lors de l’inspiration. Effectuez l’exercice 10 fois. (Gardez à l'esprit qu'il est important d'expirer et d'inspirer à fond). b) Placez vos mains sur la partie supérieure de la poitrine. Inspirez profondément par le nez puis expirez au maximum par la bouche. Poussez les côtes contre les mains et vers le haut lors de l'inspiration. Renouvelez l’exercice 10 fois.

5. Toujours allongé sur le dos avec les genoux fléchis vers le haut. Soulevez la hanche afin que les cuisses ne touchent pas le sol et formez une ligne droite des épaules jusqu'aux genoux.

Gardez cette position durant 5 secondes et redescendez. Renouvelez l’exercice 5 fois.

6. Toujours allongé sur le dos, genoux fléchis vers le haut et pieds à plat sur le sol, levez les bras du sol, sur le côté, à hauteur de l’épaule. Genoux serrés, pivotez vers la droite en essayant d'attraper la partie externe de votre cuisse droite qui est plus proche du sol. Renouvelez l’exercice à gauche. Renouvelez l’exercice 9 fois.

 


7. Allongé sur le ventre, tête tournée d’un côté et mains collées sur les côtés (si besoin, vous pouvez placer un coussin sous la poitrine mais pas sous la taille pour être plus à l’aise). a) Levez une jambe du sol tout en gardant le genou droit et en vous assurant que la cuisse ne touche pas le sol. Renouvelez 5 fois avec chaque jambe. b) Levez la tête et les épaules du sol au maximum. Renouvelez l’exercice 10 fois.

8. Agenouillé au sol à quatre pattes. Étendez le bras et la jambe opposés parallèlement au sol et maintenez cette position durant 10 secondes. Abaissez-les puis recommencez avec l’autre bras et l’autre jambe. Renouvelez l’exercice 5 fois de chaque côté.

9. Toujours à quatre pattes, courbez le dos et abaissez le menton vers le bas de manière à voir la partie avant des cuisses. Tendez ensuite les bras de façon à ne pas plier les coudes. Levez la tête et aplanissez ou abaissez le dos. (La partie avant des côtes vers le bas et les fesses vers le haut). Recommencez lentement et à fond 9 fois.

Maintenir une activité sportive est très bénéfique pour le patient.

La natation permet de solliciter tous les groupes musculaires et d’augmenter la capacité respiratoire.

Conclusions

Pour terminer, insister, une fois de plus, sur le fait de faire appel au physiothérapeute pour réaliser le traitement programmé. Il faut que les personnes traitant ces patients soient des professionnels universitaires détenant un titre homologué par le Ministère et qu’ils possèdent de larges connaissances de la maladie. Éviter d’être escroqués par de pseudo-professionnels de la santé, qui sans formation spécifique et bien souvent sans savoir bien ce qu’ils effectuent, font plus de mal que de bien au patient.

Pour plus d’informations :

Association cordouane des malades souffrant de spondylite.

www.espondilitis.info · Harrison.- Médecine interne : la prensa Médica Mexicana (presse médicale mexicaine), Volume II, 1973, 2185-6.

Kinésithérapie en rhumatologie