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AUTEUR : José Manuel Reyes Melero.
Éducateur sportif diplômé d’Éducation Physique
Moniteur de natation.

Professeur d’aquagym
Est actuellement : coordinateur à la piscine Ippon Raúl Calvo (Cadix). Donne des cours d’aquagym, de bébés-nageurs et de natation pour enfants. Il enseigne principalement l’aquagym.

31 ans, originaire de Cadix (Espagne).

email : josemreyes@ono.com

Résumé

Durant de nombreuses années, le travail au sein d’une piscine se limitait à l’enseignement de différents styles de nage (principalement le crawl, le dos et la brasse). Cela fait relativement peu de temps que la demande de la société a commencé à changer. Cette dernière réclame de nouvelles opportunités d’entrer en relation avec le milieu aquatique, en plus d'avoir la possibilité de continuer à effectuer les premières techniques. C’est pour cela que de nouvelles activités ludiques et sportives s’offrent à nous avec pour objectif de promouvoir le bien-être psychophysique. Parmi ces disciplines, on trouve l'activité appelée par certains aquagym et par d'autres gymnastique aquatique. L’aquagym étant une activité très récente, la difficulté principale réside dans le manque de livres à ce sujet, chose d’autant plus rare quand on sait que la plupart des publications sont américaines. C'est pour cette raison qu’il est très difficile de trouver des articles publiés, des revues, des vidéos ou tout support de ce type abordant cette pratique sportive. Cela pose problème lorsque l’on cherche des informations ou que l’on tente de poursuivre sa formation en tant que professionnel. Difficile en fin de compte de résumer l'importance de cette activité au vu d'un futur pas si lointain. Difficile également de mettre l’accent sur les besoins des professionnels quant à l’apprentissage du mouvement thérapeutique en milieu aquatique.

Mots clés : Aquagym. Thérapie. Santé. Exercice physique.

1.- Approche du terme « aquagym ».

Je commencerai par aborder brièvement certains concepts d’importance majeure aidant à mieux comprendre cet article par la suite.

Activité physique : par activité physique on entend chaque mouvement du corps généré par le système musculo-squelettique. Ce mouvement est synonyme de dépense d’énergie.

Exercice physique : tout mouvement du corps structuré et répétitif rendant implicite l'objectif d'une meilleure condition physique ou de son maintien.

Condition physique : ensemble des propriétés ou qualités qu’ont les personnes ou que ces dernières peuvent arriver à obtenir. Elles sont liées à la capacité de développer une activité physique.

Santé : état de bien-être physique total, mental et social qui ne regroupe pas seulement l'absence de maladie ou d'atteinte (O.M.S)
Pleine forme physique : combinaison entre bien-être physique, mental et émotionnel. Cela implique une vision positive de la vie pour effectuer les tâches quotidiennes avec l’énergie suffisante pour pouvoir ensuite consacrer ce qu’il reste aux activités de loisirs.

Gymnastique : ensemble des exercices ayant pour but de fournir un développement harmonieux, de renforcer et de donner agilité et flexibilité au corps.

Une fois ces définitions posées, je développerai les principes de l'aquagym. Il s’agit selon moi d’un ensemble d’activités physiques, effectuées en milieu aquatique et ayant pour principal objectif d’améliorer la santé et la condition physique des élèves impliqués. En outre, cette activité assure à tout moment une fonction rééducatrice et socialisatrice sous-jacente.

2.- Activités physiques à développer en milieu aquatique.

Étirements ou stretching pour améliorer la flexibilité.
On prétend ici améliorer la condition articulaire des différentes parties du corps atteintes ou limitées dans leur mouvement comme les épaules, les genoux, la hanche, etc. De sorte que les épaules douloureuses par exemple, lorsqu’elles sont peu sollicitées acquièrent une mobilité perdue depuis longtemps. De plus, l’activité physique va permettre de soulager en grande partie les gênes et sensations d’incapacité et ce, dans de nombreux cas.

Activités relatives à l’amélioration de la capacité aérobique.

Cette capacité permet à la personne d’effectuer des activités physiques durant des périodes prolongées. Cela implique que le cœur, principal moteur cardiovasculaire, se transforme en une bombe plus forte et plus efficace. Chez les personnes peu ou pas entraînées, ce changement est bien notable puisque leur désir d’effectuer les tâches quotidiennes change en bien et jour après jour. Ils ne se fatiguent pas pour arriver au gymnase et cela leur pèse moins d’effectuer leurs occupations, etc.

Pour parvenir à ces bénéfices, il est bon de récapituler que le travail cardiaque variera entre 65 et 85 % de la fréquence cardiaque maximale.

Activités relatives à l’amélioration de la résistance musculo-squelettique.

La résistance musculo-squelettique est la capacité biologique permettant de prolonger un effort d’intensité maximale et ce, le plus longtemps possible. Sont ici impliqués les os, les articulations, les muscles, le tissu conjonctif, les tendons et les ligaments. Il s’agit des parties endommagées principalement chez les personnes âgées, sédentaires ou lésées.  La majorité de ces personnes ont des capacités limitées à effectuer un effort déterminé sur une période prolongée. Par exemple, une personne atteinte d’épitrochléite sera incapable de soulever un poids à cause de la forte douleur qu’elle ressentira au niveau du coude. Le même mouvement dans l’eau sera possible car effectué en environnement léger, sans mouvements brusques ni gravité. On travaillera pour cela le développement musculaire de toute la zone atteinte et la récupération de la fonctionnalité de cette zone.

La tonification musculaire dans des zones précises.

Au moment de la tonification, on va effectuer deux actions semblables : l’une d'elle a pour but de renforcer, fortifier, c'est-à-dire acquérir plus de force. L’autre action consiste à fortifier le corps et à gagner en vivacité ou énergie. Tout cela s’obtient grâce à la résistance de l’eau. On va effectuer des déplacements (aqua running), faire des mouvements dans l'eau avec les mains, etc.

Certaines personnes ont besoin de réduire leur masse graisseuse sur des zones déterminées du corps et d'autres ont besoin d'acquérir un degré de force plus important. C'est le cas des personnes atteintes d'atrophie musculaire ou ayant des muscles très élastiques devant être raffermis. Ce raffermissement va permettre de développer l’ensemble de leur schéma corporel.

3.- Pour quel type de personnes l'aquagym est-elle conseillée ?

Personnes présentant des problèmes cardio-respiratoires légers ou modérés.

Personnes sédentaires et effectuant peu d’exercices physiques au quotidien.

Troubles psychomoteurs, de coordination dynamique générale et équilibre à la fois dynamique et statique.

Manque de tonus musculaire, hypotonie et atrophie générale.

Faible mobilité articulaire et flexibilité.

Personnes nerveuses, angoissées, stressées et ayant des difficultés à se détendre.

Manque d’estime de soi, manque de confiance en soi et pessimisme face au futur.

Mauvaise posture.

Manque de rythme et d’agilité.

Lésions générales de toute la colonne vertébrale (cervicale, dorsale et lombaire)
Et plus généralement pour ceux qui aiment l'eau et qui veulent faire de l'exercice.

4.- Brève présentation des principales pathologies et lésions pouvant être abordées lors d’un cours d’aquagym.

Je vais ici faire état des principaux cas rencontrés habituellement en expliquant brièvement chacun d'eux.

Pathologies relatives à la colonne vertébrale.
a.- Scoliose : déviation latérale de la colonne vertébrale.

Il existe quatre types principaux de scoliose : congénitale, traumatique, fonctionnelle et idiopathique (ou d’origine inconnue).

Objectif à atteindre dans les cours d’aquagym : renforcer et tonifier les muscles paravertébraux et stabilisateurs du rachis. Grâce à cela, on va tenter d’obtenir un meilleur contrôle postural.

b.- Hypercyphose : exagération de la courbe du rachis au niveau dorsal et présentant une augmentation de la concavité de cette courbe.

Objectif : tonifier les muscles impliqués dans l’obtention de la stabilité de la colonne dorsale et cervicale et essayer d'assouplir davantage toute la zone. Enfin, on effectuera des étirements des pectoraux parallèlement aux exercices de flexion.

c.- Hyperlordose cervicale : courbure dans le plan sagittal du rachis à concavité postérieure.

Objectif : effectuer un travail correct des muscles extenseurs de la tête.

d.- Hyperlordose lombaire : courbure dans le plan sagittal du rachis à concavité postérieure.

Objectif : en plus des objectifs relatifs à l'hyperlordose cervicale, on va développer les muscles abdominaux et lombaires et assouplir les muscles fémoraux (semi-tendineux et semi-membraneux).

e.- Hernies discales : il s’agit de la maladie du dos la plus répandue et dont souffrent les gymnastes. L’hernie peut être provoquée par des traumatismes ou due à de mauvaises postures, des déséquilibres musculaires, etc. Elle est par conséquent chronique.

Lésions du tissu conjonctif.
a.- Lésion des ligaments.

Les ligaments sont de courtes bandes de tissu conjonctif fibreux, fort et flexible qui relient deux pièces osseuses d’une articulation.

Entorse : lésion douloureuse traumatique d'une articulation provoquée par l'allongement violent des ligaments avec ou sans rupture de ces derniers. Il existe trois degrés d’entorses établis selon leur gravité. Les entorses de premier et second degré seront toujours traitables. C’est-à-dire qu’il n’est pas bon de traiter les entorses pour lesquelles s'est produit une rupture complète de la capsule et des ligaments.

Objectif : une fois donnée l’approbation du médecin, on devra commencer à donner de la puissance à toute l’articulation de la cheville, tout en recouvrant la mobilité perdue et en augmentant la propioception en général. L’équilibre postural de même que la capacité de déplacement vont aussi être augmentés. Il faudra beaucoup travailler avec la résistance de l'eau.

Luxation : déplacement complet et persistant des parties articulaires des os qui constituent une articulation, avec rupture partielle ou totale de la capsule articulaire et de certains de ses ligaments.

L’exemple le plus courant est la luxation de l’épaule.

Objectif : une fois terminée la période d’immobilisation relative à ce type de lésions, on devra commencer à bouger très doucement l'articulation. De plus, il convient de récupérer la condition physique perdue durant le temps d’inactivité provoqué par la lésion.

b.- Lésions tendineuses.

On peut parler ici de tendinopathies englobant les tendinites, les ruptures et les dégénérescences du tendon. L’eau va cependant principalement traiter les tendinites.

Épaule douloureuse : il s’agit d’un ensemble de symptômes qui rendent impossible le fonctionnement articulaire et apparaissant progressivement comme une conséquence d'un effort intense.

Objectif : on peut effectuer des mobilisations passives sans douleur et essayer de débloquer l'articulation.

Épicondylite : inflammation des insertions tendineuses des muscles extenseurs du poignet et des doigts.

Objectif : réaliser des exercices d'élasticité appropriés et renforcer les muscles de l'avant-bras.

Tendinite achilléenne : inflammation du tendon d’Achille.

Objectif : exercices isométriques de musculation des mollets une fois la douleur apaisée.

Tendinite rotulienne : inflammation et dégénérescence du tendon rotulien avec déchirure de certaines de ses fibres.

Objectif : exercices de musculation isométriques du quadriceps.

Lésions musculaires.

La manière de pouvoir récupérer de lésions musculaires est très semblable. Par conséquent, je résumerai brièvement les principales lésions et commenterai pour finir les objectifs à développer lors de la pratique aquatique.

Crampe : contraction involontaire d’un muscle ou de plusieurs groupes de fibres musculaires, conséquence de la sur-sollicitation de ces derniers.

Contracture : contraction involontaire, durable ou permanente d’un ou de plusieurs groupes musculaires.

Élongation : surétirement de tout un muscle sans parvenir à provoquer un dommage anatomique.

Contusion musculaire : occasionnée par l’agression d’un agent externe, qui heurte le muscle et le comprime contre une structure osseuse. En plus de la lésion musculaire, le coup provoque un œdème inflammatoire.

Objectif : une fois le repos correspondant à la gravité de la lésion effectué et la cicatrisation du muscle entamée, on commencera à réaliser des exercices isométriques doux et des déplacements courts afin d’augmenter la puissance musculaire. Enfin, on devra effectuer des exercices propioceptifs et des exercices de rééquilibrage musculaire. En effet, dans la majorité des cas, on assiste à un déséquilibre musculaire entre le membre sain et le membre lésé.

Le centre spongieux configurant le centre de la vertèbre perd sa position habituelle. Si sa sortie se fait vers le canal médullaire, cela va provoquer des troubles.

Autres lésions pouvant être traitées en fonction de leur degré d’atteinte.
Sclérose latérale amyotrophique : maladie touchant les cellules nerveuses motrices du cerveau et de la moelle épinière et provoquant la perte progressive du contrôle moteur. Parmi les symptômes on note une faiblesse musculaire, une paralysie, des crampes musculaires, des troubles au niveau de la langue et des difficultés à respirer.

Objectif : travail intensif de la coordination dynamique générale, rééquilibrages et développement musculaire général.

Fibromyalgie : la fibromyalgie est une maladie chronique provoquant une douleur dans de multiples parties du corps et une fatigue généralisée.

Objectif : étirement musculaire accompagné d’une relation à l’environnement sous forme de déplacements doux.

Arthrite rhumatoïde : maladie provoquant l’inflammation des articulations et générant douleur et difficulté à se mouvoir.

Objectif : activités physiques très relaxantes impliquant peu de mobilité. Exercices d’étirement doux et de mobilité articulaire de tout l’organisme.

Lombalgie chronique : douleur lombaire pouvant irradier jusqu’aux fesses et qui en général augmente avec l’effort et diminue lors du repos. On parle de lumbago chronique quand celui-ci dure plus de six semaines.

Objectif : une fois la crise de lombalgies passée, effectuer des exercices de tonification du bassin, renforcer les abdominaux sans oublier le carré lombaire.

5.- Programme personnel de l’élève avant l’activité.

Voici le modèle que nous utilisons avec tous/toutes nos élèves avant qu’ils prennent part à l’activité, en plus de l’entrevue personnelle effectuée par le moniteur lors du premier cours.

PRÉNOM______________ NOM_______________________________
CARTE D’IDENTITÉ___________________ ÂGE______
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS
Souffrez-vous d’une maladie ? OUI NON
Diabète OUI NON
Hypertension OUI NON Tension artérielle ___/___
Allergie à un médicament OUI NON Lequel ________________
Allergie à une substance OUI NON
Faites-vous l’objet d’un traitement médical ? OUI NON Lequel ?__________________
Avez-vous souffert d’une lésion musculo-squelettique ? OUI NON Laquelle ?__________________
Avez-vous déjà été dans l’incapacité de pratiquer une activité sportive ? OUI NON
Avez-vous souffert d’une maladie infectieuse ? OUI NON
VOTRE ÉTAT DE SANTÉ À L’HEURE DE DÉBUTER L’ACTIVITÉ
Quel est votre état physique actuellement ? BON MOYEN MAUVAIS
Qu’avez-vous ?_____________________________________________
Avez-vous un tableau d’exercices préconisé par votre spécialiste ? OUI NON
Lequel ?____________________________________________________
Souffrez-vous d’une lésion musculo-squelettique susceptible de limiter la pratique de la gymnastique ?
Laquelle ?____________________________________________________
Grâce à cette fiche, nous pouvons avoir une vision globale de l’état où se trouve l’élève au moment de commencer les cours. Cette fiche va également nous permettre d'accepter ou non une personne pour laquelle la pratique sportive est déconseillée.

6.- Mon expérience personnelle.

Je me vois comme un fidèle de la pratique sportive prise comme point de rencontre entre l’élève et son bien-être psychophysique, pourvu que ce dernier soit capable d’accepter l’activité appropriée et le type d’exercices adapté. L'aspect du travail en groupe me paraît également très intéressant puisque nous sommes en présence d’un composant intrinsèque de bien-être (ce que nombre d'entre nous appelons énergie positive). C’est pour ces raisons mais aussi par le hasard de la vie que j’ai commencé à travailler comme moniteur de natation. À l’origine, je donnais des cours de natation, enseignant différents styles adaptés aux adultes, à savoir le crawl, le dos et dans certains cas précis la brasse, à partir de différentes adaptations de styles distincts, en fonction de l'incapacité fonctionnelle, de la pathologie ou plus généralement du problème dont souffrait l'élève. Jour après jour, je me sentais sans cesse obligé d’essayer de varier le format de cours. Je tentais d’aider un peu plus ces personnes qui venaient jour après jour avec pour espoir d’améliorer ou de soulager leurs lésions le temps d'une séance. C’est pour ces raisons que j’ai décidé de m’engager dans ce projet pour lequel j’ai tant d’espoir et de détermination.

J’ai donc entrepris de donner des cours de gymnastique aquatique, nom que j’utilise afin que tout le monde voie de quoi il est question. J’utilise le terme de « gymnastique aquatique » car les cours ont une structure assez particulière.

Si l’on divise la séance en plusieurs parties, on pourrait parler de quatre parties bien distinctes. Voici leur description :
Première partie : prise de contact avec l’eau, petits déplacements volontaires (2 minutes). Étirements et échauffement articulaire (surtout au niveau du cou, des épaules, de la zone lombaire et des membres inférieurs) (8 minutes).

Deuxième partie : développement de l'objectif à travailler. Un cours différent est proposé chaque jour et dans lequel on met en évidence un but à atteindre. Par exemple : a. aérobic avec toutes sortes de déplacements. b.- étirements, exercices de stretching effectués de manière passive et dynamique. c.- tonification musculaire avec exercices de résistance musculaire, etc. (25 minutes).

Troisième partie : partie à effectuer après récupération de l’organisme suite au travail de la deuxième partie. Pour ceux dont la pratique de la natation est conseillée, on va nager doucement pendant quelques minutes (principalement du crawl et du dos). Pour ceux qui se trouvent généralement en situation de difficulté motrice, on va effectuer des activités avec du matériel complémentaire et un objectif défini (individualisé) pendant 8 minutes.

Quatrième partie : retour au calme, pour certains avec du matériel complémentaire ne flottant pas et pour d’autres en effectuant simplement une flottaison dorsale.

Au jour d’aujourd’hui, je dispense des cours à 10 groupes d’adultes, lesquels, par leur travail quotidien, mettent en évidence le bien-être qu'ils ressentent grâce à la pratique de cette activité si passionnante et amusante. Kinésithérapie Générale - Autres