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AUTEUR : Jorge Rodrigo Rodríguez,
Professeur Titulaire à l’École Universitaire de Physiothérapie de Tolède (Université de Castilla-La Mancha),
Membre de la Société espagnole de gériatrie et gérontologie.

Le présent article prétend développer des aspects pratiques quant à l’élaboration et à l’application d’un plan d’activité physique pour patients âgés.

OBJECTIFS DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE EN GÉRIATRIE

L’âge implique une diminution du ton musculaire et de l’amplitude des mouvements, une dégradation de la coordination motrice ainsi qu'une diminution des capacités respiratoires.

De ce fait, à 60 ans, on ressent déjà une diminution du rendement cardiaque et des mouvements respiratoires (surtout inspiratoires) de la cage thoracique.

Afin de retarder l’épuisement du potentiel de réserve des différents systèmes organiques (c'est-à-dire de la capacité d’adaptation avant l'augmentation des besoins), l’axe central de toute thérapie doit être l’exercice physique, principalement l’aérobic. Il est aussi primordial de contrôler les habitudes diététiques, hygiéniques, etc.

Il est indispensable de débuter par un bon examen clinique qui va nous permettre d’évaluer toute altération organique éventuelle pouvant être une contre-indication.

L’activité physique thérapeutique (qu’elle soit préventive, curative, palliative ou de récupération) est un acte effectué par les professionnels de la santé. Il part d'un diagnostic médical, de préférence réalisé par un gériatre, à partir duquel s'effectue un diagnostic physiothérapeutique d'évaluation fonctionnelle. Le physiothérapeute prendra en charge l’évaluation fonctionnelle, de même que l’élaboration du programme de traitement et son application.

Le suivi du programme est une tâche interdisciplinaire entre le gériatre, le médecin de famille, l’infirmière de l’A.P, le physiothérapeute et même le travailleur social.

Il est important de faire appel à des professionnels de la santé et de fuir les personnes comme les professeurs de gym, les masseurs et « guérisseurs » étant donné les risques entraînant une décision sur une personne malade ou à capacité réduite (responsabilité civile).

DIAGNOSTIC FONCTIONNEL

1) Anamnèse : antécédents cliniques, personnels et familiaux (par exemple : cas de mort subite chez de proches parents).

2) Examen par appareils :
2.1) App. cardio-respiratoire : TA (tension artérielle), ECG de repos et d’effort.

(Test de la marche d’escalier : monter/descendre une marche de 40 cm pendant 3 minutes, mesurer la FC (fréquence cardiaque). Cette dernière doit être équivalente à la fréquence de repos soit 60 ppm).

2.2) App. locomoteur : atrophies, mobilité articulaire, force, résistance, arthralgies, etc.

2.3) Syst. nerveux : grandement lié au précédent : évaluer la dextérité, la coordination, les réflexes, la sensibilité, la propioception et la kinesthésie.

2.4) Contrôle somatique général : taille, poids, indice de masse corporelle.

En présence d’altération importante, on fera appel à l'avis d'un spécialiste.

ÉLABORATION D’UN PROGRAMME

Nous allons nous appuyer sur les points suivants :

1) Durée : entre 15 et 60 m.

2) Fréquence : 3 à 5 fois par semaine.

3) On va effectuer le programme de manière accrue (début à faible intensité puis progressivement sur 3 ou 4 semaines pour atteindre le travail maximum).

4) On privilégiera une faible intensité de travail sur une période prolongée plutôt que le contraire (même bénéfice à long terme avec moins de risques).

5) La session inclura l'échauffement, le conditionnement musculaire (force), l’exercice aérobique et le refroidissement.

6) La FC variera entre 75 % de la maximale théorique (FC max. = 225-âge)
et une valeur minimale sous laquelle il n’y a pas de bénéfice (FC min. = FC repos + 0,6 (fc max-fc repos)).

Remarque : applicable chez les patients non cardiopathes, l’existence de pathologie musculo-squelettiques est à observer.

7) Travailler si possible en groupe (10/15 personnes en demi-cercle) en adaptant au mieux le programme au niveau individuel.

8) Les exercices doivent être variés et pas trop répétitifs (auquel cas ils ennuient et démotivent). Effectuer les exercices 2h après avoir mangé.

9) Plus l’intensité de travail sera forte, plus l'effet sera important mais comportera aussi plus de risques. Travailler au-dessous de 15m/session à raison de 3 sessions/semaine avec une FC au-dessus de 45 % maximum est inefficace.

EXEMPLE DE PROGRAMME D’EXERCICES

1) Échauffement : 5 m (par ex. : marcher d’un bon pas).

2) Exercices de flexibilité et de coordination : 10 m (par ex. : pas de danse, symétriques et asymétriques...).

3) force : 10 m (par ex. : utilisation de petites altères. Éviter l’isométrie).

4) aérobic pur : 30 m (par ex. : ergocycle : éviter les sports de contact et/ou brusques).

5) Refroidissement : 5 m (par ex. : marcher lentement).

CHOIX DES DIFFÉRENTS TYPES D’EXERCICES

1) Exercices de flexibilité et de coordination :
- Étirements : très doux. Ne pas se laisser influencer par les positions des autres et se concentrer sur ses propres sensations.

- Exercices bi-latéraux : symétriques et asymétriques, afin d’intégrer les deux hémisphères cérébraux.

2) De force musculaire :
- ils doivent produire des contractions principalement isotoniques, les isométriques génèrent une augmentation brusque de la TA et de la FC. En cas d'exercices isométriques (par ex. en période de récupération post-chirurgicale) on ne doit pas dépasser 40 % de la force maximale et 15 ou 20 % si le sujet est cardiopathe.

- Lors des exercices généraux (entretien), le patient doit solliciter plus les muscles des membres inférieurs que ceux des membres supérieurs au vu de sa plus faible musculature et résistance.

3) Exercice aérobique :
- Ils constitueront l’axe central de la session et permettront d’améliorer la résistance cardio-respiratoire et musculo-squelettique du patient.

- Exercices préconisés : la marche, la natation, l’ergocyle, etc., toujours en évitant la compétition et les sports violents (football, footing, parachutisme, etc.).

4) Pour tous les types d’exercice :
-Étant donné que l'organisme de la personne âgée met un certain temps à s'adapter et à atteindre toute sa performance, les patients devront éviter d’effectuer les exercices aux heures extrêmes du jour, les meilleures heures se trouvant en fin de matinée et en fin d'après-midi.

5) Exercices
- Ils peuvent être multiples et variés. On doit les mélanger et les alterner tout au long de la session afin d’apporter une certaine variété et une distraction aux patients. On peut par exemple utiliser des ballons, des cordes, des manches à balais, des rythmes musicaux, etc.

- Si l'on combine les exercices par des ordres simples : « en haut », « devant », cela va davantage développer le sens de l'orientation et l’attention en combinant activité physique et activité mentale.

- Il faudra prêter une attention toute particulière à la respiration abdominale : apprendre à respirer avec une respiration abdominale normale et à dissocier respiration abdominale et thoracique en utilisant le nez pour inspirer et la rééducation expiratoire (lèvres retroussées : élévation du point de pression similaire) pour obtenir une ventilation des plus efficaces.

CONTINUITÉ DU PROGRAMME D’EXERCICES

Il faut 4 semaines pour commencer à ressentir les bénéfices cardio-vasculaires des exercices. Les premiers résultats notables se font sentir au bout d’environ 3 mois. Si l'on abandonne le programme, on aura perdu la majorité des bénéfices au bout de 4 semaines. Au bout de 8 semaines, on retourne directement à la case départ. Kinésithérapie en gériatrie