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AUTEUR : FRANCISCO TARANTINO RUIZ
FORMATION

  • Licencié en Éducation Physique (Université de Grenade)
  • Doctorat en Éducation Physique et Santé (Université de Grenade).
  • Diplômé de Physiothérapie (Université Alfonso X El Sabio, Madrid)

FONCTION ACTUELLE

  • Physiothérapeute
  • Coordinateur des entraînements personnels à Mega Sport Centre (Palma de Mallorca)
  • Entraîneur personnel à Mega Sport Centre
  • Coordinateur National AFFE (Academia de Formación del Fitness Español) FISAF (Federación Internacional de Aerobic y Fitness) (pôle santé)
  • Intervenant national lors des conventions de fitness. Dernier rapport : CIAAF (Convención Internacional de aerobics, acuarobics y fitness) (Saragosse 2004)

PROPRIOCEPTION : INTRODUCTION THÉORIQUE
PROPRIOCEPTION : BASES PHYSIOLOGIQUES
PROPRIOCEPTION : capacité qu’a le corps à détecter le mouvement et la position des articulations. Les mouvements courants effectués quotidiennement, principalement les mouvements sportifs, nécessitent une coordination particulière.

SYSTÈME PROPRIOCEPTIF : il est composé d’une série de récepteurs nerveux se trouvant dans les muscles, les articulations et les ligaments.

Leur rôle est de détecter :
le degré de tension musculaire
et le degré d’étirement musculaire
... Ces informations sont envoyées vers la moelle et le cerveau afin d'être traitées. Une fois ces informations traitées, le cerveau les envoie aux muscles afin d’effectuer les réglages nécessaires quant à la tension et l'étirement musculaire et afin d’obtenir le mouvement désiré.

Les propriocepteurs font partie d’un mécanisme de contrôle de l’exécution du mouvement.

Il s’agit d’un processus subconscient et très rapide que nous effectuons par réflexe.

LES PROPRIOCEPTEURS

- FAISCEAU MUSCULAIRE : récepteur sensoriel propriocepteur situé au sein de la structure du muscle. Des étirements suffisamment forts du muscle permettront sa stimulation. Il mesure la longueur (degré d’étirement) du muscle, le degré de stimulation mécanique et la vitesse avec laquelle on applique l’étirement. Il envoie l’information au SNC (système nerveux central). Sa « fonction classique » sera d’inhiber les muscles antagonistes lors du mouvement produit (relaxation de l’antagoniste pour que le mouvement puisse être effectué efficacement).  Face à des vitesses très élevées de croissance de la longueur musculaire, les faisceaux apportent une information au SNC. Cette information se traduit par une contraction réflexe du muscle appelée RÉFLEXE MYOTATIQUE OU RÉFLEXE D’ÉTIREMENT, qui sera un réflexe de protection face à un étirement brusque ou excessif (exemple : violente crampe à l’épaule. Le réflexe myotatique nous permet de contracter les muscles de la ceinture scapulaire). L’information envoyée par les faisceaux musculaires au SNC permet également la stimulation des muscles synergistes face au muscle actif, permettant ainsi une meilleure contraction. C’est sur ce fait que sont basées certaines techniques de facilitation neuromusculaires employées en rééducation, (techniques de KABAT qui partent du principe qu’un muscle pré-étiré se contracte avec plus de force). L’action des faisceaux musculaires a pour conséquence :
o        la facilitation des agonistes
o        l’inhibition des antagonistes
* « Il est fonctionnellement rentable que lorsqu’un ensemble synergique de muscles entre en action, il n'est pas confronté à la résistance de ses antagonistes » (Astrand – Rodhal)

ORGANES TENDINEUX DE GOLGI : il s’agit d’un autre récepteur sensoriel situé dans les tendons et dont le rôle est de mesure la tension développée par le muscle. Ils entrent en action principalement en cas de tension dangereuse (extrêmement forte) au sein du complexe musculo-tendineux, particulièrement si la tension est « active » (générée par le sujet et non par les facteurs externes). Il s’agira alors d’un réflexe de protection face aux excès de tension dans les fibres musculo-tendineuses. Le réflexe se manifeste par un relâchement des fibres musculaires. Il s'agira par conséquent du RÉFLEXE MYOTATIF INVERSE. Contrairement au faisceau musculaire dont la réponse est immédiate, les organes de Golgi ont besoin d’une période de stimulation comprise entre 6 et 8 secondes pour que les muscles se décontractent.

RÉCEPTEURS DE LA CAPSULE ARTICULAIRE ET DES LIGAMENTS ARTICULAIRES : il semble que la charge supportée par ces structures concernant la tension musculaire exercée active elle aussi une série de mécanorécepteurs capables de détecter la position et le mouvement de l’articulation impliquée. Il semble que ces propriocepteurs jouent un rôle important particulièrement lorsque les structures décrites se retrouvent endommagées.

RÉCEPTEURS DE LA PEAU : ils renseignent sur la tonicité des muscles et sur le mouvement et contribuent au sens de la position et au mouvement, en particulier à ceux des extrémités, dans lesquelles ils sont très nombreux.

IMPORTANCE DE L’ENTRAÎNEMENT DU SYSTÈME PROPRIOCEPTIF

  1. GÉNÉRALITÉS

En plus de représenter une source d’information somatosensorielle au moment de maintenir une position, d'effectuer des mouvements normaux ou d'en apprendre de nouveaux (quotidiens ou au sein de l'activité sportive) lorsque nous souffrons d'une lésion articulaire, le système proprioceptif se détériore en produisant un déficit au niveau de l’information proprioceptive qui parvient au sujet. De cette manière, cette personne sera plus encline à souffrir d’une nouvelle lésion. De plus, cela diminue la coordination en milieu sportif.

Le système proprioceptif peut être sollicité au moyen d’exercices spécifiques pour pouvoir répondre plus efficacement. Cela nous aidera à améliorer force, coordination, équilibre et temps de réaction face à des situations déterminées et, surtout, à compenser la perte de sensations occasionnée par une lésion articulaire et à éviter que cela ne se reproduise.

On sait également que l’entraînement proprioceptif a un transfert positif face à de nouvelles activités semblables aux exercices que nous avons pratiqués.

Grâce à l’entraînement proprioceptif, l’athlète apprend à tirer profit des mécanismes réflexes, améliorant les stimuli qui augmentent la performance et diminuant les inhibitions qui la réduisent. Ainsi, des réflexes tels que l’étirement, qui peuvent apparaître face à une situation inattendue, (par exemple la perte d'équilibre) peuvent se manifester correctement (ils aident à retrouver une bonne posture) ou non (provoquer un important déséquilibre). Grâce à l’entraînement proprioceptif, les mauvais réflexes de base auront tendance à disparaître pour optimiser la réponse.

  1. ENTRAÎNEMENT PROPRIOCEPTIF ET FORCE

Toute augmentation de la force est le résultat d’une stimulation neuromusculaire. Quand on évoque la force, on pense tout de suite à la masse musculaire mais n’oublions pas que celle-ci est sous les ordres du système nerveux. En résumé, on sait que pour améliorer la force au moyen de l’entraînement, il existe des adaptations fonctionnelles (basées sur des aspects neuraux et nerveux) et des adaptations structurelles (basée sur des aspects structurels : hypertrophie et hyperplasie, cette dernière n’ayant pas de preuves d’existence concrètes chez les patients).

Les processus réflexes générés par la proprioception seraient liés aux améliorations fonctionnelles de l’entraînement de la force en plus des améliorations propres que l’on peut atteindre au moyen de la coordination intermusculaire et intramusculaire.

  • COORDINATION INTERMUSCULAIRE : on fera référence à l’interaction entre les différents groupes musculaires qui génèrent un mouvement déterminé.
  • COORDINATION INTRAMUSCULAIRE : on fera référence à l’interaction des unités motrices d’un même muscle.
  • PROPRIOCEPTION (PROCESSUS RÉFLEXES) : ils feront référence aux processus de facilitation et d’inhibition nerveuse grâce à un meilleur contrôle du réflexe d'étirement ou myotatique et du réflexe myotatique inverse. Ces réflexes peuvent produire des adaptations au niveau de la coordination inter et intramusculaire.
  1. ENTRAÎNEMENT PROPRIOCEPTIF ET FLEXIBILITÉ

Rappelons que le réflexe d’étirement déclenché par les faisceaux musculaires devant un étirement excessif provoque une contraction musculaire comme mécanisme de protection (réflexe myotatique). Cependant, dans une situation où l’on va effectuer un étirement excessif et prolongé, si l’évolution vers cette position a été lente et que nous maintenons l'étirement quelques secondes, les réponses réflexes du réflexe myotatique seront annulées activant ainsi les réponses réflexes de l’appareil de Golgi (décontraction musculaire). Ces réponses permettent d’améliorer la flexibilité puisqu’en obtenant une plus forte relaxation musculaire, on va pouvoir augmenter plus facilement l’amplitude du mouvement de l’étirement.

Afin d’activer encore plus la réponse réflexe de l’appareil de Golgi, il existe des techniques d’étirements déterminées basées sur les mécanismes de proprioception. Ainsi, lors de l'étirement, on va associer de courtes périodes dans lesquelles on va contracter les muscles agonistes que nous souhaitons étirer, tout en alternant avec des périodes de relaxation. Les périodes de tension activeront les récepteurs de Golgi augmentant la décontraction consécutive et permettant un meilleur étirement. Exemple : les étirements post-isométriques ou en « tension active ».

  1. ENTRAÎNEMENT PROPRIOCEPTIF ET COORDINATION

La coordination fait référence à notre capacité à résoudre les situations inattendues et variables. Le développement de plusieurs facteurs est nécessaire à cette coordination. Ces facteurs peuvent sans nul doute être améliorés par l'entraînement proprioceptif. En effet, ils dépendent en grande partie de l'information somatosensorielle (proprioceptive) rassemblée par le corps face à ces situations inattendues, en plus de l’information récupérée par les systèmes visuel et vestibulaire.

Ces facteurs, propres à la coordination et que nous pouvons améliorer grâce à l'entraînement proprioceptif sont :

  • RÉGULATION DES PARAMÈTRES SPACIO-TEMPORELS DU MOUVEMENT : ajuster nos mouvements dans l’espace et dans le temps afin d’obtenir une exécution efficace devant une situation déterminée. Par exemple, lorsqu’on nous lance une balle que nous devons rattraper, on devra calculer la distance depuis laquelle on nous l’a lancée et le temps qu’elle mettra à arriver en se basant sur la vitesse du lancer afin de pouvoir ajuster nos mouvements. Les lancers ou les passes avec objets de différents poids et tailles sont des exercices contribuant à l'amélioration des ajustements spatio-temporels.
  • CAPACITÉ À GARDER L’ÉQUILIBRE : à la fois dans les situations statiques et dynamiques. Nous éliminons les petites altérations de l’équilibre grâce à la tension réflexe des muscles qui nous permet de nous déplacer rapidement vers la zone d’appui stable. Une fois le système proprioceptif entraîné à l’amélioration de l’équilibre, on va pouvoir obtenir, voire anticiper les éventuelles altérations de ce dernier afin qu'elles n'aient pas lieu (mécanisme d'anticipation). Afin d’améliorer notre équilibre, on va travailler les exercices d'appui sur une jambe, les exercices verticaux, le poirier, les oscillations et tours des extrémités supérieures et du buste avec appui sur une jambe, le maintien de la position et du mouvement avec appui limité ou sur des superficies irrégulières, les exercices les yeux fermés, etc.
  • SENS DU RYTHME : capacité à modifier et à reproduire les paramètres force-vitesse et spatio-temporels des mouvements. De même que pour les points précédents, le sens du rythme va dépendre en grande partie des systèmes somatosensoriel, visuel et vestibulaire. En milieu sportif, on va pouvoir détacher les actions motrices complexes propres à un sport en éléments isolés afin d’améliorer la perception des mouvements puis de les intégrer au sein d’une seule action. Suivre un ordre logique est primordial si nous séparons les éléments d’une action technique. Par exemple, lors de l’impulsion dans une partie de volley-ball, on peut séparer le geste en plusieurs pas d’approche : tout d’abord abaissement du centre de gravité en pliant les jambes tout en rejetant les bras vers l’arrière, puis saut, montée du bras et enfin frappe finale dans le ballon.
  • CAPACITÉ À S’ORIENTER DANS L’ESPACE : elle se base principalement sur le système visuel et le système proprioceptif. Cette capacité pourrait être améliorée grâce à l’entraînement de l’attention volontaire (choisir les stimuli les plus importants).
  • CAPACITÉ À DÉCONTRACTER LES MUSCLES : cette capacité est importante car une tension excessive des muscles n’intervenant pas dans une action déterminée peut diminuer la coordination du mouvement, limiter son amplitude, sa vitesse, sa force, etc. On va effectuer des exercices dans lesquels nous alternerons périodes de décontraction-tension, en essayant de contrôler volontairement ces états. Concernant le haut niveau sportif, on va rechercher la décontraction volontaire face à des situations très stressantes qui pourraient ensuite être transférées lors d’une compétition.

TRAVAIL PROPRIOCEPTIF ET ÉLECTROSTIMULATION
On compte aujourd’hui de nombreux centres de remise en forme possédant des appareils d’électrostimulation faciles à utiliser et qui ont largement prouvé leur efficacité face à la préparation physique. C’est pour cette raison que nous allons expliquer, de façon schématique, comment ces appareils peuvent nous aider à développer notre entraînement proprioceptif.

Grâce aux effets générés par l'électrostimulation, avec laquelle nous avons obtenu un recrutement d'unités motrices plus important et nous avons pu atteindre des niveaux de stimulation vraiment hauts, les bénéfices du travail proprioceptif pourront être améliorés dans la mesure où :

  • Un recrutement de UM (unités motrices) plus important signifie un nombre plus élevé de récepteurs sensoriels et moteurs, ces derniers étant situés dans le muscle, les tendons et l’articulation.
  • Des niveaux élevés de tension donnent également lieu à l'activation de récepteurs supplémentaires. De la même manière, après l'application de l'électrostimulation à intensités élevées sur les muscles, on pourra obtenir une stimulation particulièrement importante des appareils de Golgi, facilitant ainsi la décontraction ultérieure des muscles grâce à l'activation du réflexe myotatique inverse. Cette méthodologie est assidument employée lors des processus de rééducation au sein lesquels nous avons perdu la mobilité dans certaines des extrémités. Par exemple, suite à une opération du LCA, la perte de mobilité lors de la flexion du genou est courante, surtout si la chirurgie a été pratiquée en utilisant le tendon rotulien. De cette manière, on peut avoir recours à l’électrostimulation sur le quadriceps. On utilisera des intensités élevées et on parviendra ensuite à un niveau de décontraction du quadriceps qui nous permettra d’augmenter la mobilité du genou fléchi (grâce à la décontraction du quadriceps).
  • Si nous utilisons l'électrostimulation lors de la phase excentrique d'un exercice, par exemple la flexion de jambes, nous obtiendrons une plus forte stimulation des faisceaux musculaires (puisque le muscle s’allonge lors de cette phase de contraction). Ainsi, grâce à une élévation du réflexe d’étirement, on parviendra à appliquer une force plus importante lors de la phase concentrique du mouvement.
  • Imaginons à présent le même exercice effectué cette fois sur base instable et avec les yeux fermés. Nous travaillerons sans nul doute notre système proprioceptif comme jamais.
BIBLIOGRAPHIE

LIBROS

-         Astrand – Rodahl. “Fisiología del trabajo físico”. Ed. Panamericana. 3ª edición (1992)

-         David R. Lamb. “Fisiología del ejercicio. Respuestas y adaptaciones” Ed. Augusto E. Pila Teleña (1985)

-         Mel C. Siff; Yuri Verkhoshansky. “Super entrenamiento”. Ed. Paidotribo (2000)

-         Vladimir N. Platonov; ; Marina M. Bulatova. “La preparación física”. Ed. Paidotribo. 4ª edición (2001)

-         Willian E. Prentice. “Técnicas de rehabilitación en la medicina deportiva”. Ed. Paidotribo (1997)

-         Ricardo Mirella. “Las nuevas metodologías del entrenamiento de la fuerza, la resistencia, la velocidad y la flexibilidad”. Ed. Paidotribo. (2001)

-         Julio Tous Fajardo. “Nuevas tendencias en fuerza y musculación”. Ed Paidotribo. (1999)

-         Henri Neiger. “Estiramientos analíticos manuales, técnicas pasivas”. Ed Panamericana. (1998) 

ARTÍCULOS INTERNET

-         Owen Anderson. “Proprioceptive training exercise routines programme to increase strength, balance, agility, coordination and prevent sports injuries”. En www.sportsinjurybulletin.com

-          Owen Anderson. “Proprioceptive training programmes can improve muscle strength, coordination, balance, reaction times and help avoid injuries”. En www.sportsinjurybulletin.com

-          Arthur Prochazka and Sergiy Yakovenko. “Locomotor control: from spring-like reactions of muscles to neural prediction”. www.ualberta.ca/~aprochaz/hpage.html

Kinésithérapie du sport