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AUTEURS
THAÍS SOARES MUNGUBA CARDOSO
DIPLÔMÉE EN PHYSIOTHÉRAPIE
ANA PAULA CARDOSO BATISTA PAES LEME
DIPLÔMÉE EN PHYSIOTHÉRAPIE. PROFESSEUR DE « PHYSIOTHÉRAPIE APPLIQUÉE À LA GYNÉCOLOGIE ET OBSTÉTRIQUE » À L'UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DU SALVADOR (UCSal) ET DE L’INSTITUT ADVENTISTE D’APPRENTISSAGE DU NORD EST (IAN). BRÉSIL.

JUANA MILENA BEDOYA CAMPO
Traduction de l’article.

Langue d’origine : Portugais.

Diplômée de l’Université del Valle, Cali, Colombie. Réside actuellement au Brésil et travaille au service de Gynécologie et Obstétrique de l’Université Fédérale Sao Carlos-SP Brésil.

Correspondance :
Thaís Soares Munguba Cardoso
Alameda Filemon Andrade nº 95 ap. 701-B
40100-060 Salvador, Bahia, Brasil

Titre abrégé : LA KINÉSITHÉRAPIE APPLIQUÉE À LA DYSMÉNORRHÉE PRIMAIRE

Contributions : Cet article n’aurait pas été possible sans l’aide des personnes suivantes : Ana Paula Leme, ma conseillère, qui, grâce à son expérience personnelle, a apporté idées et orientations à cet article ; Helena Maia, professeur de « travail de conclusion de cours » que je remercie pour sa patience et sa disponibilité sans bornes ; Marcia Mignac et Mónica Cunha, professeurs de Danse du ventre et leurs élèves qui m'ont si gentiment fourni les informations récoltées lors de mes recherches ; Maria José Mascarenhas et Dense Moreira, gynécologues, qui m’ont donné les informations et ressources techniques ; Marilia Farias, Andre Nacimento et Roberto Cámara que je remercie pour leurs capacités en informatique, me facilitant l’accès à un domaine que je ne maîtrise pas ; mon ami Daniel Oliveira, qui a rédigé le résumé de cet article et Amauri Cardoso et Líala Cardoso, mes parents, qui ont lu et relu mes notes, me permettant de donner au texte sa forme définitive.

INDEX
RÉSUMÉ / ABSTRACT
INTRODUCTION
RÉVISION BIBILIOGRAPHIQUE
MÉTHODE
RÉSULTATS
DISCUSSION
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

ÉQUIVALENCE DE LA DANSE DU VENTRE APPLIQUÉE À LA KINÉSITHÉRAPIE DANS LA THÉRAPIE DE LA DYSMÉNORRHÉE PRIMAIRE

RÉSUMÉ

Les écritures démontrent qu’il y a déjà dix siècles avant J.C, il existait des récits liés aux menstruations douloureuses. Des études révèlent que c’est encore aujourd’hui le cas pour 90 % des femmes. Ce désagrément outrepasse le contexte personnel, atteignant des proportions socio-économiques. Une étude expérimentale (spéculative) a été effectuée chez les femmes souffrant de ce trouble. Cette étude avait pour but de voir si la kinésithérapie pouvait minimiser les symptômes de la dysménorrhée. Toutes les femmes étaient élèves aux académies de danse du ventre de la ville de Salvador de Bahía, Brésil. Les résultats ont indiqué que la grande majorité des élèves se sentaient soulagées non seulement quant à l'amélioration de la douleur pelvienne mais aussi par rapport aux symptômes incommodants associés au cycle menstruel. En reliant la contribution de cette danse d’origine orientale pour réduire la dysménorrhée et sa ressemblance entre ses principaux mouvements et ceux utilisés en physiothérapie, la possibilité de contribution de la kinésithérapie pour soulager les douleurs menstruelles a été démontrée.

Mots clés : dysménorrhée, physiothérapie, kinésithérapie, danse du ventre.

THE EQUIVALENCE OF THE BELLY DANCE TO THE CINESIOTERAPY IN THE THERAPEUTICS OF THE PRIMARY DYSMENORRHEA
ABSTRACT

Ancient texts have shown that 10 centuries before Christ there were already reports talking about the painfull vaginal blood lost. Today, studies reveal that this is actually a cruel reality for 90% of women. This disconfort surpass the personal esphere reaching social-economic proportions. In order to see if the cinesiotherapy can really reduce drastically the symptoms of dysmenorrhea a sutudy was carried out with women presenting this complain and who were also Belly Dancers in the city of Salvador, Bahia, Brazil. Results have indicated that most of the dancers showed a relief, not only regarding pelvic pain, but also in all others unconfortable symptoms associated to this period of time. Relating the contribution of the Arabic Dance to the dysmenorrhea, and Its similarities in what concerns the dance's main movements and those used in physiotherapy, a possibility of contribution from the cinesiotherapy to the relief of the menstrual disconfort is demonstrated.

Key words:dysmenorrhea, physiotherapy, cinesiotherapy, belly dance.

INTRODUCTION

Historiquement, comme en témoigne l'Ancien Testament de la Bible, 1400 ans avant J.C, la femme qui avait ses menstruations était isolée sept jours durant et toute personne qui la touchait était considérée comme impure. Les écritures de Susruta Ayurveda, des anciens hindous dix siècles avant J.C, relatent elles-aussi les menstruations douloureuses. Hippocrate considérait les menstruations douloureuses comme étant les conséquences de l’obstruction cervicale et de la détention du flux menstruel (1). Dans l’encyclopédie de Pline intitulé Histoire Naturelle 23 après J.C, l’auteur décrit le phénomène de la menstruation et l’interprétation de cette dernière par rapport à la culture de l’époque. Il était de coutume de croire que la femme qui avait ses menstruations rendait le vin acide, asséchait les graines, faisait fondre les lames en acier, oxydait le bronze et le fer et provoquait l’abandon de la ruche par les abeilles qu’elle avait pu toucher. Dans la plupart des pays, la femme qui avait ses menstruations était mise à l’écart et éloignée de la production d'aliments. Soranos d’Éphèse (98-138 après J.C), a décrit le cadre clinique de la dysménorrhée un peu différemment de celui observé actuellement.

L'influence des traditions et des croyances socio-économiques ont souvent associé la menstruation à un cadre négatif. Cela s’applique pour quasi 90 % des femmes qui justement souffrent de dysménorrhée (le chiffre cité est légèrement supérieur à 50 %, l’incidence dépend du mode de réalisation de l’étude et des âges analysés (3)). Le mot « dysménorrhée » vient du grec et signifie altération, anormalité (dys) de l’écoulement (rrhée), règles (méno).Le terme est donc employé indistinctement en médecine et est directement lié à la menstruation douloureuse (4). La majorité des femmes ressentent une gêne lors de leurs règles (5,6), que ce soit dans la zone génitale ou extra génitale. Cependant, lorsque ces phénomènes sont plus forts et empêchent la femme de mener à bien les activités de la vie quotidienne, on peut réellement parler de dysménorrhée (4).

Selon l’Institut paulista d’études de marché (1981), 65 % des Brésiliennes âgées de 18 à 40 ans souffrent de colique menstruelle (5). Il s’agissait de la principale cause d’absences au travail/à l’école pour les femmes jeunes, faisant perdre des millions d'heures chaque année. Comme les femmes représentent au moins 42 % de la main d’œuvre. Sans traitement efficace (7), c'est près de 600 millions d’heures annuelles de travail qui se perdent aux États-Unis. Le calcul des heures perdues s’élève chaque année à plusieurs milliards de dollars. Cela sans compter les pertes économiques additionnelles méconnues dues à la diminution de la productivité (5,7). Près de 10-15 % des femmes présentent ce désagrément, les mettant dans l'incapacité de travailler durant 1 à 3 jours chaque mois.

La dysménorrhée prend de plus en plus d'importance. Elle est reconnue comme étant le problème le plus courant parmi l’ensemble des troubles gynécologiques chez les femmes en âge de procréer. La dysménorrhée primaire (d'autres nomenclatures existent pour désigner ce terme : intrinsèque, essentielle, idiopathique, fonctionnelle, spasmodique) est définie comme une douleur hypogastrique de type colique survenant au début des menstruations en l’absence de maladie ou de gêne pelvienne identifiée. Cette douleur, localisée dans le bas ventre, est aiguë et se manifeste par une colique ou une douleur constante. Elle peut irradier la région lombaire ou la partie supérieure des muscles du fémur. Cette période douloureuse commence dans les 6 mois à 3 ans suivant la ménarche, lorsque débutent les cycles d’ovulation et le fonctionnement normal du corps jaune. Elle est présente chez quasi 50 % des femmes, à certains moments de leur vie fertile et est responsable de 5 à 10 % des absences au travail (4). La douleur survient en général aux premières heures du début de la menstruation et s’aggrave à mesure que le flux menstruel augmente au cours des 2-3 premiers jours du cycle. Les douleurs sont intermittentes, pouvant irradier la région lombaire et les membres inférieurs. Nausées, vomissements, fatigue, fièvre, céphalées, diarrhée, photophobie sont communément associés (3, 10, 11, 12, 13, 14, 15).

Le manque d’attention quant aux taux élevés de prévalence et de morbidité de la dysménorrhée conduit fréquemment à un traitement inadapté au trouble. Malgré le fait d’avoir été énoncée et étudiée depuis plus de cent ans, c’est seulement depuis ces vingt-cinq dernières années que plusieurs directions de recherche se sont rejointes afin de décrire la physiopathologie de ces symptômes complexes. Ces dernières années, le nombre de recherches et études liées à la colique menstruelle et à sa physiopathologie a augmenté, de même que les avancées du traitement pharmacologique. Toutefois, les femmes sont de plus en plus dépendantes des médicaments et par conséquent de leurs effets secondaires. Tout cela justifie l’expansion de la connaissance de cette nouvelle branche de la physiothérapie : La Gynécologie.

La discussion quant aux modes physiothérapeutiques rendant plus confortables le désagrément et la douleur de la femme souffrant de dysménorrhée est considérablement rare. Les auteurs sont partagés quant à la manière d’aborder le sujet mentionné. Certains auteurs préconisent un travail d’ondes courtes effectué au milieu du cycle menstruel, d’autres condamnent cette pratique du fait de ne pas toujours avoir le matériel suffisant confirmant les véritables effets des appareils d'électrostimulation sur le système reproducteur féminin. D'autres enfin préconisent l’utilisation de la TENS (neurostimulation transcutanée) ou du courant interférentiel pour combattre la douleur abdominale et lombaire. Il existe néanmoins un groupe de professionnels défendant le massage associé à la kinésithérapie active pour renforcer les muscles abdominaux et lombaires.

Face à tous ces types d’approche on peut se demander quelle est la valeur réelle de la kinésithérapie ? Pourquoi la kinésithérapie a-t-elle été employée comme mode de traitement de ce trouble ? Quels sont les bénéfices que ces exercices spécifiques peuvent apporter à la femme lors de cette période douloureuse ? Ce travail, par le biais d'une étude empirique, a pour objectif de vérifier si la kinésithérapie est un bon moyen de représenter une alternative thérapeutique à la dysménorrhée.

RÉVISION BIBLIOGRAPHIQUE

Curiosité anatomique, la distribution sanguine au tractus génital a lieu par le biais des artères iliaques droite et gauche. Le retour veineux s’effectue par les vaisseaux iliaques internes, par la veine cave inférieure. Le système lymphatique est assez développé dans cette zone. Le muscle utérin est innervé par le système nerveux autonome au moyen des plexus pelviens efférents parasympathiques (S2-S4) et sympathiques (T10-L1) (16).

La cause de la dysménorrhée primaire est liée au développement de la production des prostaglandines (principalement la PGF2 alpha), qui atteint le pic lors des deux premiers jours de la menstruation. Les femmes souffrant de dysménorrhée primaire ont à l’intérieur de leur endomètre une importante concentration d’acide gras saturé, mettant en relation l’ablation de l’endomètre et le flux menstruel des femmes normales (9). L’endomètre, par l’action de la progestérone durant la seconde moitié du cycle, devient sécréteur et produit les prostaglandines libérées des cellules endométriales dégénérées lorsque les niveaux de progestérone tombent (début du saignement menstruel). Cette substance, qui stimule la contraction du muscle lisse, agit dans le myomètre et favorise le passage du calcium dans l’endomètre pour les éléments de contraction de la fibre musculaire. Cela provoque l’augmentation de la contractilité utérine et de la vascularisation, de l'ischémie et enfin de la douleur. Dans l’utérus, la synthèse des prostaglandines se produit dans l’endomètre. Entre-temps, ses récepteurs se placent principalement dans le myomètre.

La PGE1, tout comme la PGE2, stimulent l’augmentation de l’amplitude et de la fréquence des contractions utérines (4) (les contractions myométriales peuvent dépasser les 400 mmHg, durer 90 secondes et avoir moins de 15 secondes d’intervalle entre elles). En outre, elles agissent pour favoriser les sensations douloureuses par le biais de la sensibilisation des terminaisons nerveuses, intensifiant la symptomatologie. Lorsqu’elles parviennent à la circulation sanguine, ces prostaglandines peuvent provoquer des symptômes systémiques comme des nausées, des céphalées, des vomissements, de la fatigue et de la diarrhée (1, 2, 10, 17, 18, 19, 20). Les facteurs psychologiques et émotionnels sont importants dans la relation individuelle entre patient et douleur. La douleur n’est pas la cause de la dysménorrhée mais plutôt la conséquence de la souffrance imposée par cette dernière (7,9).

De manière simple, la kinésithérapie est un traitement réalisé par le biais de mouvements, avec pour objectif de prévenir les séquelles et d'éliminer ou d'améliorer les états pathologiques de l'être humain. Elle s’obtient par l’application de mouvements analysés et groupés dans des méthodes spécialisées (21).

En physiothérapie, les exercices utilisés pour le traitement de la dysménorrhée constituent l’ensemble des exercices regroupant la région pelvienne. On va avoir recours aux mouvements d’inclinaison pelvienne antérieure et postérieure, aux rotations vers l’avant et vers l’arrière et aux inclinaisons latérales (abaissement et élévation du bassin) (22, 22, 24). Ces mouvements peuvent être effectués de façon diverse, comme par exemple : en position couchée, assise, accroupie ou en position orthostatique, en utilisant du matériel d'aide tel que le swissball. Le travail d’étirement et de respiration est tout aussi important. Toutes ces possibilités sont clairement perçues dans la danse du ventre (25,26) (danse orientale dont l'expression première est l'origine de la vie au moyen de mouvements et ondulations du ventre). Cette danse se définit généralement par quelques principes de base de mouvement comme le mouvement du bassin (26).

Dans la littérature, on trouve souvent des traitements pharmacologiques alternatifs (homéopathie, acupuncture, chaleur et thermothérapie, techniques de relaxation), chirurgicaux et électro-analgésiques. Les activités physiques doivent permettre aux patientes de se focaliser sur d’autres centres d’intérêt et de les éloigner du problème (9) (facteur psychologique).

Certains textes affirment que l’activité physique constante diminue l’intensité des douleurs abdominales menstruelles, atténue le désagrément et améliorent l'équilibre hormonal en raison de la libération de substances telles que les endorphines. Les mouvements spécifiques du bassin permettent une irrigation sanguine abondante dans cette région et procurent un massage des organes internes, les rendant plus souples.

Des études de cas se référent à d’autres causes relatives à la dysménorrhée. Ces causes ne représentent pas des troubles gynécologiques décrits comme dysménorrhée secondaire ni comme augmentation des prostaglandines prise comme cause principale de la dysménorrhée primaire :
•  Spasmes dans la région des muscles abdominaux, thoraco-lombaires et pelviens provoquant des douleurs dans la région du petit bassin, avant et pendant la menstruation de certaines femmes. On suppose que ces spasmes se situent dans la région des zones réflexes de l’appareil génital, se répercutant dans ce dernier et provoquant des douleurs. Ce mécanisme rend possible l’exercice d’influences hormonales par la même voie réflexe. Proposition de traitement : rétablissement de l’équilibre musculo-squelettique par un massage, utilisation de la chaleur, mobilisations des muscles du bassin, des muscles abdominaux, dorsaux, des cuisses et du plancher pelvien (27,28).

•  Dysfonctionnement mécanique au niveau des vertèbres, particulièrement sur les segments T10-L2 et S2-S4, pouvant causer une diminution de la mobilité de la colonne vertébrale et pouvant toucher les nerfs sympathiques qui remplacent les viscères pelviens, générant la dysménorrhée qui est le résultat de la vasocontriction. Le traitement proposé serait donc : manipulation de ces vertèbres afin d’augmenter la mobilité de la colonne vertébrale, approvisionnant ou supprimant l’irrigation pelvienne à travers l’influence des nerfs autonomes (ostéopathie, chiropratique et manipulations physiothérapeutiques (28)).

MÉTHODE

Il s’agit d’une étude expérimentale, réalisée par le biais d’une investigation conduite sur des femmes pratiquant la danse du ventre dans six académies de la ville de Salvador, Bahia, Brésil. Un questionnaire standard auto-applicable et explicatif a été utilisé pour la collecte de données. Il comportait 31 questions objectives, simples, directes et faciles à comprendre.

La dysménorrhée est considérée comme une algie pelvienne liée à la menstruation. Elle a été évaluée au moyen d'une échelle visuelle analogue de douleur, numérotée de zéro à dix. « Zéro » signifie que la patiente ne ressent aucune douleur abdominale et « dix » se réfère à une douleur insupportable et handicapante. Les femmes interrogées devaient décrire leurs douleurs menstruelles du mieux possible. L’analyse de cette échelle a servi de paramètre quantitatif de l’intensité de la douleur de chacune des danseuses lors de la période préalable au commencement de la danse du ventre et lors de la période actuelle.

Question : vous considérez-vous bien informée en ce qui concerne les menstruations ? Êtes-vous habituellement tendue et appréhendez-vous la douleur lorsque vos règles approchent ? Êtes-vous d’ordinaire une personne nerveuse, anxieuse ou préoccupée ? Avez-vous une valeur psychologique plus importante ?
L’échantillon a été composé en utilisant les critères d’inclusion suivants :
•  Femmes présentant des cycles d’ovulation
•  Dysménorrhée, dont le désagrément est d’origine primaire
Questions préalables : êtes-vous réglée ? Avez-vous recours à une méthode contraceptive (pilule) ? Souffrez-vous fréquemment de douleurs abdominales lors de vos règles ? Si vous avez consulté un médecin, vous a-t-il fourni une explication quant à ces douleurs ? (par exemple : endomètriose, myome utérin, présence d'un dispositif intra-utérin, infection ou inflammation pelvienne, malformations, etc.) Avez-vous subi une intervention chirurgicale d’ordre gynécologique ? Si oui, laquelle ? Les questions posées ont servi à inclure ou non les personnes interrogées dans l'étude de recherche. Les questionnaires ont été distribués par deux professeurs de danse du ventre (toutes deux ayant sept années d’expérience dans ce domaine) à leurs élèves, dans chaque salle de cours durant la période allant du 20/09 au 19/10 2002. L'accent a été mis sur la tranquillité, facteur nécessaire au bon remplissage du questionnaire. Ce dernier sera utilisé pour constituer la base de données de l’étude. Les soins apportés au remplissage ont renforcé les informations propres déjà décrites dans le questionnaire. La durée moyenne nécessaire au remplissage du formulaire était comprise entre cinq et dix minutes.

Les données des questionnaires ont été traitées et analysées au moyen du logiciel statistique EPI INFO 2002. Pratiquement la totalité des données a été validée pour l’éclaircissement des objectifs de recherche. L'anonymat et la confidentialité des informations ont été conservés au sein des registres de données. Tous les membres prenant part à la recherche ont été mis au courant des dispositifs et responsabilités éthiques de l’étude.

RÉSULTATS

Parmi les 82 femmes interrogées, 31 ont été exclues car elles ne rentraient pas dans les paramètres des critères d’inclusion : 14 participantes ne présentaient pas de douleur abdominale, 10 avaient recours à des contraceptifs hormonaux oraux ; 4 d’entre elles présentaient une dysménorrhée secondaire, 2 ont mal répondu aux questions et 1 élève n'était pas réglée. Les données collectées représentaient un échantillon de 51 femmes ayant pris part à l'étude.

L’âge des participantes variait entre 13 et 38 ans. La durée de pratique de la danse du ventre variait entre 1 mois et 7 ans. La quantité hebdomadaire d’heures de pratique allait d’une heure à vingt heures. La ménarche des femmes oscillait de 8 à 16 ans.

24 participantes (47,1 %) effectuaient d’autre type d’activités physiques. La gymnastique était l’activité la plus pratiquée : 12 (23,1 %) et les haltères : 10 (18.9%). Les douleurs abdominales apparaissaient généralement avant la période menstruelle chez 37 femmes (72,5 %). 11 (21,6 %) femmes évaluées ont indiqué que la douleur durait quelques minutes, 30 (58,8 %) d’entre elles ont indiqué qu’elle durait des heures et 10 (19,6 %) des jours.

Pour 30 femmes (58,8 %), la dysménorrhée n’altère pas le déroulement normal de leurs activités quotidiennes. 32 (62,8 %) ont eu d’autres symptômes associés à la douleur abdominale proprement dite : 19 (37,4 %) ont eu d’abord des maux de tête et 8 (15,23 %) ont ensuite souffert de nausées.

Au sein du groupe étudié, 40 (78,43 %) ont noté une réduction des douleurs abdominales dès le commencement de la danse du ventre. 10 (19,61 %) n'ont ressenti aucune altération et 1 (1,96 %) a ressenti une augmentation de l'intensité de la douleur.

Concernant les autres symptômes de la zone extra génitale pouvant se produire lors de la période, parmi les femmes ayant participé au questionnaire, 32 (62,75 %) ont présenté un ou plusieurs de ces symptômes, 19 (37,26 %) d'entre elles ont affirmé ressentir une amélioration.

21 femmes (41,2 %) ont indiqué avoir consulté un médecin pour traiter leurs douleurs menstruelles. 30 femmes (58,8 %) ont l'habitude de prendre un médicament spécifique aux douleurs abdominales. 32 femmes (63,3 %) prennent des médicaments prescrits par les médecins. Les médicaments les plus utilisés sont : Postan : 13 (25,8 %) et Buscopan : 10 (18,9 %) (marques commerciales). 17 participantes (34 %) ont eu recours à des techniques alternatives ayant pour but de réduire les douleurs.

50 femmes (98 %) n’ont jamais subi de chirurgie (dans le cas où l’intervention a eu lieu lors de l’accouchement, les femmes ont répondu « non » à la question : pour celles qui ont déjà vécu un accouchement, avez-vous fait l’objet d’une chirurgie gynécologique ?) 7 d’entre elles (13,7 %) ont déjà vécu un accouchement : 5 (9,79 %) par césarienne et 2 (3,91 %) normalement. Parmi les participantes, 44 (85,7 %) n’ont ressenti aucun soulagement à l’intensité de la douleur menstruelle suite au procédé.

Dans la famille des participantes, 44 (86,3 %) d’entre elles ont indiqué que leurs parentes souffraient elles aussi de dysménorrhée. 45 d’entre elles (88,2 %) se considéraient bien informées en ce qui concerne les menstruations. 15 (30,2 %) ont l’habitude d’appréhender le moment où approche leur période menstruelle. 33 (64,7 %) femmes sont anxieuses, nerveuses ou préoccupées.

DISCUSSION

Selon les résultats obtenus lors de l’analyse de la recherche, on a pu constater que, parmi les 82 questionnaires, la grande majorité des femmes souffrait de dysménorrhée. En effet, outre les 51 participantes évaluées, 12 autres femmes souffraient de ce trouble : 4 femmes souffraient de dysménorrhée secondaire et 8 avaient recours à des contraceptifs hormonaux oraux. Il est important de distinguer les 44 participantes (86,3 %) dont les parentes souffraient aussi de douleurs abdominales menstruelles. La validité de ces facteurs démontre à quel point la prévalence de la dysménorrhée est remarquable.

21 participantes (41,2 %) considèrent que ce problème affecte le déroulement normal de leurs activités quotidiennes. De la même manière que se présentent les degrés de douleur sur des périodes de temps variables, on a constaté que les douleurs abdominales interféraient non seulement dans les tâches personnelles de chaque femme mais aussi dans la société prise comme un ensemble (facteur socio-économique).

En pratique, le diagnostic de la dysménorrhée s’effectue si la femme cherche à soulager sa douleur, en consultant un médecin ou en ayant recours à l'automédication (9). Il est important de noter que parmi les 51 femmes, seules 21 (41,2 %) ont fait appel à un médecin pour évoquer leur désagrément. Ce facteur est insuffisant pour affirmer que ces femmes souffrent nécessairement de dysménorrhée primaire. Outre les innombrables facteurs pouvant conduire à une dysménorrhée secondaire, il est essentiel de rappeler l’existence de l’hypothèse selon laquelle le dysfonctionnement mécanique des vertèbres et les spasmes musculaires dans les zones spécifiques peuvent aussi provoquer un cadre symptomatologique identique à la dysménorrhée proprement dite. Il n'existe aucune corrélation entre ces deux derniers facteurs et les questions présentes dans le questionnaire.

30 participantes (58,8 %) ont recours à des médicaments contre la douleur. Ce fait peut peut-être masquer les données relatives à l'intensité des douleurs abdominales, leur diminution probable et leur temps de prévalence. Sans compter que cette donnée peut faire partie des recommandations d'utilisation des médicaments avant que la patiente ne ressente un trouble quelconque. 17 femmes (34 %) recherchent d’autres techniques alternatives ayant pour but de soulager les douleurs abdominales menstruelles.

Il serait intéressant de poser une question relative à la période au cours de laquelle les participantes commencent à ressentir une douleur menstruelle après la ménarche. Les auteurs ont observé que la période durant laquelle les symptômes gênants se déclaraient constituait l’un des points importants pour que la dysménorrhée soit considérée comme primaire. Généralement, les études considèrent que, lors de la période allant de 6 mois à 3 ans, les cycles d'ovulation et la fonction normale du corps ont déjà entamé leur activité.

33 (64,7 %) femmes se disent anxieuses, nerveuses ou préoccupées. Les éléments psychologiques ne paraissent pas fondamentaux mais jouent néanmoins un rôle important. La partie émotionnelle peut impliquer la réponse à la menstruation, faisant qu’un processus normal puisse assurer les caractéristiques pathologiques. Il est en effet possible que les facteurs psychogènes puissent moduler les signaux nociceptifs périphériques douloureux, influencés dans la réponse à la douleur (1, 4, 9).Certaines des études se rejoignent sur le fait que les premières femmes à souffrir de dysménorrhée sont : les femmes jeunes avec antécédents de personnalité ou de facteur émotionnel instable ou présentant un traumatisme lors des premières périodes menstruelles. Ces femmes ont peut être un manque de connaissance de la signification de normalité de la fonction menstruelle.

24 femmes (47,1 %) effectuent d’autres d’activités physiques, ce qui peut amener à un autre type de question sur la valeur singulière de la danse du ventre. Les activités citées sont sans nul doute d’influence gynécologique. Elles abordent le corps comme un tout, certaines mettant la priorité sur le raffermissement, d’autres sur l’étirement et d’autres sur le conditionnement, etc.

Autre aspect à prendre en compte : la ligne qui délimité le désagrément normal et la véritable dysménorrhée. Presque toutes les femmes ressentent une douleur abdominale au commencement de leurs règles ou durant leur cycle d’ovulation. Généralement, cette faible douleur diminue rapidement après le début des règles et n'empêche pas la femme d'effectuer ses activités quotidiennes (9).

Il est difficile de différencier ces symptômes menstruels de la dysménorrhée. En effet, quantifier la douleur est subjectif et s'établit individuellement en se basant sur l’incapacité productrice. L’échelle visuelle analogue de douleur demeure également au sein de l’évaluation et du concept personnel, de l’avis de ce que la patiente considère comme douleur insupportable et handicapante (10). Par conséquent, il est impossible de considérer ces données comme étant objectives ou comme d'absolues vérités.

Il est intéressant de penser que le fait que le questionnaire soit auto-applicable et explicatif puisse fournir un plus grand nombre d’erreurs possibles, par rapport à un questionnaire appliqué par quelqu'un d'expérimenté et bien préparé, réunissant des réponses avec un minimum d’indication. Les recommandations ont été décrites parallèlement à l’étude. Elles ont d’abord été lues avant de commencer la rédaction. Cela conduirait à une concrétisation aussi claire que possible de l'idée principale de la recherche, évitant de probables erreurs dans la façon de remplir le questionnaire. Des commentaires tels que « je n’ai pas le temps de répondre » ont été écrits par certaines élèves, élément qui peut avoir une certaine influence sur le contexte des réponses.

L'enquête fait clairement ressortir le fait que 40 participantes (78,43 %) du groupe d'étude ont déclaré avoir ressenti une diminution de l'intensité des douleurs menstruelles après avoir commencé la danse du ventre. Le fait que 8 d’entre elles (15 %) indiquent « zéro » sur l’échelle visuelle (9) signifie qu’elles ne ressentent aucune douleur. 19 (59,37 %) des 32 participantes qui ont présenté des symptômes additionnels aux douleurs menstruelles proprement dites ont ressenti un soulagement.

La kinésithérapie peut-elle être une bonne alternative thérapeutique à la dysménorrhée ? Quels sont les bénéfices que peuvent apporter ces exercices à la femme en cette période douloureuse ? Il est probable que la pratique de la danse du ventre ait contribué à la diminution de l’intensité des douleurs menstruelles pour la majorité des participantes puisque l'affirmation principale du questionnaire fait part des variations relatives aux douleurs avant et après le début de la pratique de la danse du ventre. Il est certain que les mouvements du bassin sont, la plupart du temps, présents dans cette danse. Ils ne sont toutefois pas isolés des autres mouvements non restreints à cette région, centre de la physiothérapie.

Les 51 femmes participantes du groupe d’étude constituent en réalité un sous-groupe des 82 femmes ayant également répondu au questionnaire. Ce nombre n'est peut-être pas considéré comme modèle de données de la majorité des élèves des académies de danse du ventre de la ville de Salvador, Bahia, Brésil. Il peut néanmoins être pris comme base initiale, portant à croire que la pratique de cette danse puisse permettre une réduction des douleurs abdominales menstruelles. Le nombre d'enquêtes qui peuvent être générées de cette pensée, associé à la tentative d'expliquer le pourquoi de ce mécanisme, permettrait le traitement qui, aujourd'hui a été expérimenté en physiothérapie. Ce traitement, basé sur des résultats pratiques quotidiens, peut atteindre le soutien bibliographique spécifique et approprié, rendant les techniques moins empiriques.

CONCLUSION

Moins de la moitié des femmes interrogées a affirmé avoir consulté un médecin pour traiter leurs douleurs menstruelles ou avoir eu recours à des techniques alternatives susceptibles de générer un certain soulagement à la douleur. Cela laisse à penser que la recherche du côté de la physiothérapie ne semble pas non plus différente de ces techniques. À cela s'ajoute le fait d'être une nouvelle profession et d’apporter une vision toujours plus récente à la gynécologie.
Dans une société vivant dans l’immédiat et le pragmatisme, le chemin menant à l’utilisation de médicaments destinés à la douleur est toujours à explorer. La physiothérapie est présentée comme une alternative de traitement dans laquelle le corps n'a pas besoin de recevoir de substances chimiques mensuelles (outre leurs possibles effets secondaires), en utilisant des techniques manuelles, d’électrostimulation et de kinésithérapie.

Les résultats vérifiés dans la pratique ne sont pas exclusivement liés à la kinésithérapie. Malgré tout, cette étude a pris en compte la valeur réelle du mouvement, le qualifiant de facteur important dans la diminution de la symptomatologie de la dysménorrhée. Temps et disposition sont nécessaires pour atteindre cet objectif, mais les résultats ont tendance à démontrer des bénéfices qui ne se limitent pas aux effets momentanés.

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