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Jesús Guodemar Pérez.

Diplômé en Physiothérapie.

Diplômé en Nutrition humaine et Diététique.

Professeur de Physiothérapie générale.

Université Alfonso X "El Sabio"(« le sage »).

Membre du Comité de Rédaction de l’Ilustre Colegio de Fisioterapeutas de Madrid.

Le rôle de la physiothérapie dans l’hémophilie est encore méconnu chez des nombreux professionnels de la santé. Dans cette maladie où le l’hématologue a toujours été le personnage principal, la physiothérapie joue aussi un rôle fondamental. Les troubles musculo-squelettiques qui provoquent les épanchements à répétition peuvent être atténués au moyen de notre champ d’action. Un traitement rééducatif correct peut rendre une plus grande indépendance et une capacité fonctionnelle au patient et par conséquent augmenter sa qualité de vie.

L'hémophilie est une maladie hémorragique, héréditaire, monogénique, récessive et liée au sexe. Elle est provoquée par la déficience du facteur VII de la coagulation sanguine ou du facteur IX. Cette déficience est à l’origine d'hémorragies qui peuvent être cérébrales, plus graves, et/ou musculo-squelettiques avec des séquelles plus importantes. C’est dans ces lésions musculo-squelettiques que le traitement rééducatif peut apporter d'importantes solutions. En 1962 déjà, Biggs et Mcfarlane ont publié une série de travaux où ils proposaient une mise au point du traitement, mettant en valeur le champ orthopédique. Comme toutes les maladies, l’hémophilie reçoit un meilleur traitement d’un point de vue multidisciplinaire. Le physiothérapeute est indispensable dans cet ensemble, ensemble étant toujours accompagné du traitement hématologique approprié.

Les lésions musculo-squelettiques les plus communes de l’hémophilie sont les hémarthroses, les synovites et les hématomes musculaires. Le patient finit par souffrir d’une arthropathie hémophilique ayant pour conséquence tous les troubles fonctionnels et l’invalidité que cela implique. Les hémarthroses (présence de sang intra-articulaire) sont fréquentes aux coudes, aux chevilles et aux genoux. Leur étiologie peut être traumatologique ou spontanée (sans cause apparente) et la gravité a pour habitude d’être liée à l’intensité du traumatisme. Ce dépôt de sang intra-articulaire provoque une hypertrophie de la synoviale débouchant généralement sur une nouvelle hémorragie. Dans la majorité des cas, cet épisode hémorragique provoque une synovite hémophilique. L’hémorragie intra-articulaire récurrente dépose du fer et de l’hémosidérine dans l’articulation, entraînant une inflammation de la synoviale avec modifications physiologiques de cette dernière. Cela provoque donc une altération de la nutrition du cartilage avec possibilité de déclenchement de nouvelles hémorragies. Les hématomes musculaires font également partie des lésions communes. Les hémorragies qui en résultent se poursuivent jusqu’à ce que la pression intra-musculaire soit égale à la pression intra-vasculaire des vaisseaux lésés. Si la quantité de sang dépasse la capacité qu’ont les phagocytes à la réabsorber, il coagule et forme un kyste. Cela peut évoluer et former une pseudotumeur hémophilique qui peut envahir et endommager les tissus voisins ou évoluer et former un abcès.

Les objectifs de la physiothérapie chez le patient hémophilique sont vastes : soulager la douleur et les troubles sensitifs, aider à la réabsorption hémorragique et combattre le processus inflammatoire, obtenir une condition physique adaptée, améliorer la qualité de vie des patients, prévenir et traiter les lésions et les séquelles qui peuvent apparaître. De même, les techniques utilisées sont diverses et englobent à la fois l’exercice physique et sportif pour les patients sans lésions et les techniques de kinésithérapie, de thermothérapie, d’électrothérapie, de magnétothérapie, de thérapie au laser, d’hydrothérapie et d’ultrasons que nous utilisons tous les jours au sein de notre activité professionnelle. Chacune de ces techniques poursuit un objectif propre, depuis l’élimination de l’hématome jusqu’à l’amélioration de la mobilité. Il faut noter que chaque articulation possède ses particularités au moment d'effectuer un traitement, de même qu'il faut tenir compte de l'existence d'orthèses, spécifiques pour chaque articulation.

L’hémophilie n’est pas une pathologie commune dans les services de rééducation mais il ne faut pas l'oublier pour autant. Tout comme de nombreuses autres maladies, elle passe inaperçue dans le grand spectre des maladies habituellement traitées. Ce n'est pas pour cela qu'elle ne doit pas être traitée. En tant que physiothérapeutes, nous sommes dans l’obligation professionnelle et éthique de continuer à nous former et ce, durant toute la vie. Faire des recherches sur l’inconnu, étudier ce qui a été oublié et ne jamais omettre qu’il existe toujours un traitement même s'il s’agit du traitement de consolation.

Pour plus d’informations :
Querol F, Almendáriz A, López C, Rodríguez-Merchán E, Aznar J, Altisent C, Villar A. Guía de rehabilitación en hemofilia (Guide de rééducation chez l’hémophile). Barcelone : Éditions Mayo, S.A. D.L : B-16.347-01

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